Bientôt la réalité si l’on en croit le créateur du site UnVigneronalaMaison.fr , Philippe Kazek. Et en plus, c’est un astucieux moyen de vente directe au consommateur. Le principe est simple : l’amateur de vins s’inscrit sur le site, décrit brièvement son profil et sera alors contacté par un vigneron qui viendra lui présenter et lui faire déguster ses vins à domicile. Bien sûr, il demande que l’amateur invite quelques amis afin de se faire connaître et, disons-le franchement, pour rendre la soirée plus conviviale. Quitte à avoir un vigneron chez soi, autant en faire profiter amis, voisins et famille !

Cette sympathique idée est venue à Philippe Kazek à la suite de son étude de marché qui a montré que les vignerons ont du mal à rentabiliser leurs déplacements vers des salons et des manifestations. Sur le chemin du retour, pourquoi ne pas s’arrêter chez des amateurs bien disposés à leur égard ?
Bien sûr, on peut se poser quelques questions. Comment le site va-t-il se financer ? P. Kazek demande une petite contribution aux vignerons en contrepartie de leur inscription sur le site. Cette partie n’est pas encore activée sur le site mais le sera sans doute bientôt car elle est un peu au coeur du dispositif. Par ailleurs, une fois les relations entre vignerons et amateurs établies, il sera possible de s’intégrer à la communauté pour partager ses expériences et organiser d’autres soirées.
La formule, novatrice et séduisante, montre l’esprit d’entreprise d’un amateur de vins qui n’hésite pas à partager sa passion avec les autres. Allons donc vite nous inscrire sur son site.
Rarement, un déplacement dans une région française n’a été aussi agréable et enrichissant. Tout d’abord, j’ai eu le plaisir de passer la matinée et l’aprés-midi avec Caroline Lestimé du Domaine Jean-Noël Gagnard et Emmanuel Bourguignon à Chassagne-Montrachet. Comme d’habitude, Caroline m’a fait découvrir une petite partie de ce qui fait la richesse et la diversité de cette région. Découverte gastronomique, tout d’abord car Caroline est sans doute l’une de ces personnes qui sait le mieux marier vins et mets. Elle m’a donc entraînée chez Pierre et Jean, la brasserie despropriétaires du restaurant gastronomique de Chagny, Lameloise. Après ce moment convival où Emmanuel Bourguignon nous a raconté l’histoire de sa famille et expliqué comment les sols sont si importants pour la viticulture, nous sommes repartis pour explorer plusieurs parcelles deu vignoble de Caroline. Celle-ci gère maintenant le domaine depuis vingt ans et a très vite imprimé sa griffe sur les vins. Elle a aussi entrepris une réflexion sur la nature et la diversité de ses terroirs. Dès l’an 2000, elle a renoncé à l’emploi d’herbicides et a choisi la soin mécanique du sol, ce qui a entraîné de nombreux efforts humains et financiers. Aujourd’hui, elle va encore plus loin avec l’aide d’Emmanuel Bourguignon, le fils des célèbres Claude et Lydia Bourguignon puisque le Domaine passe en agriculture biologique. Certaines parcelles ont donc été semées de diverses graines pour en renouveler la richesse après l’arrachage de vieux ceps. Simultanément, le Domaine a renoncé à l’utilisation de produits chimiques et préfère les produits minéraux.
Après cet aprés-midi instructive, Caroline m’a entraînée dans une grande promenade en voiture à travers les principaux vignobles et villages de la côte chalonnaise : Puligny, Volnay, me signalant les jolies demeures et les parcelles célèbres. Quel voyage merveilleux jusqu’à Beaune!
Mais la journée était loin d’être terminée puisque les deux comparses de Bourgogne Live, François et Aurélien, m’avait invitée à les retrouver dans Les caves de L’Abbaye, où nous attendait Pascal Wagner, le dynamique et érudit propriétaire. Nous y étions rejoints par Laurent Gotti, rédacteur en chef adjoint de la revue Bourgogne Aujourd’hui et Marthe Henry, bloggeuse de l’Actu du Vin. Pascal Wagner nous a accueilis avec un superbe champagne non dosé Moutard. Un mot sur Pascal Wagner: sa cave avec une table d’hôtes est un endroit merveilleux, non seulement par son cachet médiéval mais aussi – et surtout – à cause de la gentillesse et de la générosité de Pascal. Il nous a invités pour partager non seulement des vins apportés par chacun (sauf moi, à cause de ces ridicules restrictions dans les avions mais ce n’est que partie remise!) mais aussi le repas délicieux et délicieusement frais qu’il nous a offert. Merci donc à Pascal dont l’hospitalité est inoubliable! Dans ce cadre historique, la conversation a, bien sûr, tourné autour du Web et du vin, du Web du vin et autres sujets technologiques. Cela ne nous a pas empêché de déguster un vin étonnant fait selon une recette de 910 (oui, oui, l’an 910), improbable résultat d’un assemblage de Pinot, Chardonnay et Gamay. J’avoue avoir beaucoup aimé. Sur une Cuvée des Pénitents, conjoitement élaborée par Geantet et Mellot, nous avons évoqué le livre de Laurent Gotti sur les Hospices de Beaune. Puis nous avons écouté Marthe me raconter son histoire. Et bien sûr, François et Aurélien nous ont tout dit sur BourgogneLive et leurs projets. Mais chut! c’est encore un secret.
De cette journée, certes longue, j’ai retenu surtout la richesse des amitiés nées sur le Web d’une même passion, celle du vin et de l’excellence. Le Web, souvent décrié pour ses défauts et ses limites, est aussi une formidable force pour réunir des hommes et des femmes partageant une même passion qui ne se seraient jamais rencontrés en d’autres circonstances. Cette soirée inoubliable n’est-elle pas la meilleure réponse à tous les esprits chagrins qui ne voient que le mauvais côtés d’un phénomène sociétal international ? A bon entendeur, salut!
La vente de vin sur Internet continue à se développer, lentement mais sûrement. Il est vrai que les sites de vente sont de plus en plus diversifiés et offrent de multiples opportunités de choix que le consommateur ne pourrait s’offrir sans parcourir le pays et le monde à la recherche d’une bouteille. A côté des « grands » comme Millésima dont le coeur de cible est l’amateur de grands crus français, il existe des sites moins visibles mais très séduisants pour la petite bouteille de ce soir ou celle qui va étonner les amis.
En premier lieu, il y a les sites bâtis sur l’exemple de venteprivee.com, c’est-à-dire des sites qui offrent des bouteilles jusqu’à épuisement du stock. J’en ai repéré trois : le plus ancien, cave-privee.com, lancé en 2006 par Benjamin de Longuerue, ancien directeur marketing de chateauonline.com ; 1jour1vin.com, plus jeune et branché qui, parfois, réserve de petites (mais agréables) surprises et ventealapropriete.com. Ces sites achètent les vins à la propriété et l s offrent au prix départ propriété. Vins de France ou vins de l’étranger, il y en a pour tous les goûts : rouges, blancs, rosés, à bulles, à l’unité chez cave-privee.com ou par cartons de 3 ou 6 chez ses concurrents. Ces sites permettent de se constituer une cave originale à des prix tout à fait corrects et sans avoir à prendre sa voiture pour se rendre chez les vignerons. Quoique rien ne vous en empêche si vous préférez cela…!
Mais la grande innovation vient du système du club par abonnement. Olivier de Suremain, jeune entrepreneur au profil international, a créé il y a un peu plus d’un an LesMoisduVin.com. Tous les mois, pour une somme tout à fait raisonnable, l’abonné reçoit un, deux ou trois vins sélectionnés par Olivier de Suremain., avec la complicité de l’expert Jacques Vivet, oenologue de formation. Le site est jeune, dynamique et les astuces ne manquent pas : possibilité d’acheter à prix réduit les vins sélectionnés qui vous auront séduit(e), se faire livrer à son domicile ou son lieu de travail (ce qui évite l’agaçante queue du samedi matin à la Poste) et bien d’autres. Là aussi, un choix original, hors de votre région d’origine mais strictement limité à la France. Peut-être une ouverture à l’international quand le site aura grandi ?
Bref, pour l’amateur français de vins originaux, inconnus ou difficiles d’accès, les ressources virtuelles ne manquent pas. Alors à vos claviers !
Sous ce titre provocateur, Delphine Chayet dans Le Figaro du 15 juin rend compte des inquiétudes de l’Association Avenir Santé et de l’inévitable Association Nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ouf! en abrégé, Anpaa). D’après eux, il y a 1 500 pages ou groupes sur Facebook avec le mot « alcool ». Et savez-vous quels sont les titres retenus par nos parangons de vertu ? Eh bien, évidemment « Il vaut mieux être saoul que con, ça dure moins longtemps! », « Au moins un de mes amis est alcoolique », « Je n’ai aucun problème avec l’alcool, la preuve j’en bois tout le temps », pour ne citer qu’eux.
Contre-enquête… Sur la page « Il vaut mieux être saoul que con etc… », il y a un peu plus de 700,000 inscrits. Evidemment, cela peut faire peur à des censeurs (déjà terrorisés de toute manière) mais peut-être qu’une lecture même transversale des interventions aurait pu les rassurer. Certes, ces commentaires ne brillent ni par le style ni (parfois) par une notion développée de l’orthographe mais ils partent d’un bon sentiment : « c’est vrai !!! mais être saoul, c’est un choix alors que con …. », nous dit l’une ; » oui mais un con saoul est plus que con!!! », affirme un autre. Cette dernière « idée » est développée sous plusieurs formes : » sa depend pour qui????IL Y EN QUI RESTE CON QUAND ILS SONT SAOUL!!!! » (sic!) ou « On peut être saoul une fois de temps en temps mais con en général c’est pour la vie !! lol ». Je vous épargne les autres variations; cela devient franchement pénible. Qu’apprenons-nous de ces commentaires ? La plupart ne semblent pas convaincus que l’ivresse dispense de la c…, ce qui est une bonne chose. Certains sont même sûrs que l’ivresse est plutôt une mauvaise chose.
Passons maintenant à cette expression terrifiante (de bêtise) : « Je n’ai aucun problème avec l’alcool, la preuve : j’en bois tout le temps ». j’avoue avoir eu quelques difficultés à localiser le délit car cette « page » est en fait dans une autre page intitulée : « Expressions à la con« . Facebook signale deux autres pages et deux groupes avec une centaine d’inscrits chacun mais aucune activité. Les jeunes sont les jeunes : ils aiment la provocation, faire la fête et narguer les adultes, d’où ces pages aux titres peu reluisants mais qui, en difinitive, n’intéressent pas beaucoup de monde. Faut-il vraiment s’en offusquer ? Ne vaut-il pas mieux se rappeler que nous avons tous eu 20 ans et que nous ne sommes pas tous devenus alcooliques ? Nous avons grandi. Eux aussi grandiront…
Mais une fois de plus, l’alcool est diabolisé dans la presse sans aucune contre-enquête ou étude approfondie. Premier point : quelle définition donner de l’alcool ? Est-ce le vin, les spiritueux, les cocktails hasardeux vendus dans le commerce ou tout cela à la fois ? Deuxième point : y a-t-il d’autres groupes ou pages sur Facebook qui parlent de la culture et de la consommation du vin sans appeler à l’ivresse ? La plupart des Interprofessions du vin et les organismes professionnels des vins de tous les pays du monde sont sur Facebook ainsi que les plus grands noms de la viticulture internationale. Ces milliers de pages, qu’elles soient en français, en anglais, en portugais, en espagnol, en allemand, en italien, en croate, en roumain ou en hongrois, nous relatent tous l’histoire longue, riche et passionnante des vignobles du monde. C’est cela que je veux retenir de Facebook et non pas les chahuts un peu provocateurs de quelques jeunes en gmal de reconnaissance…
PS. Je présente toutes mes excuses à mes lecteurs pour le vocabulaire un tantinet grossier et l’orthographe incertaine de certaines citations. J’en laisse l’entière responsabilité à leurs jeunes auteurs.