Les outils de recherche spécifiquement dédiés au vin ne sont pas légion en France. Quand Antonin Iommi-Amunategui m’a signalé l’existence de son vindicateur.fr, j’ai été intriguée parle ton mi-figue mi-raisin qu’il avait adopté dans sa présentation. Le nom ne m’enthousiasmait pas beaucoup : peut-être un petit relent « indicateur » années 50 légèrement dérangeant ? Malgré tout, je suis allée voir. Un site sans doute encore en devenir, car très jeune avec de bons et moins bons côtés : design frais et léger, un sous-titre un peu ambitieux « Le révélateur de vins », un blog bizarrement appelé « Journal » mais une base de données de 11.000 vins notés sur 20.

J’ai testé un certain nombre de leurs fonctions. Le moteur de recherche fonctionne bien. Détail intéressant: en cliquant sur « acheter », l’internaute tombe directement sur la page du site de vente en ligne correspondant au vin recherché. C’est un vrai service à valeur ajoutée pour l’internaute.
Quelques points, toutefois, m’ont posé problème. Pourquoi noter un vin ? J’avoue que je ne suis vraiment pas favorable aux notes : nous pouvons nous faire notre propre opinion à partir de ce que les internautes disent ou écrivent. « Une note, me répond Antonin, a l’avantage, en tant qu’information, d’être immédiate – et nous avons plus de 11.000 références, donc l’information qualitative doit être communiquée et hiérarchisée rapidement ; une note sur 20 parce que pour l’amateur peu averti c’est à notre avis bien plus parlant (scolaire) qu’une note sur 100. La question de l’attribution est effectivement cruciale : si la note finale est simple, en coulisses il y a un travail éditorial critique important. » Complexe, même car l’équipe de Vindicateur fait une moyenne entre les opinions de critiques professionnels, les recommandations d’amateurs et leurs propres dégustations. Tout cela est pondéré en fonction du niveau de qualification de l’intervenant.
Cette complexité pourrait être aisément surmontée si la communauté était plus développée. En effet, si les internautes se prononçaient sur les vins dégustés, la notation ne serait plus aussi nécessaire et épargnerait beaucoup de travail à l’équipe. Antonin reconnaît bien volontiers que celle-ci n’est pas encore très importante et qu’il travaille à son développement.
Deuxième point : le côté très hexagonal du site. Vin français, site en français, nom de domaine en .fr. Nous restons vraiment entre nous ! « Nous avons un parti pris, avoue franchement Antonin : celui de ne nous occuper que des vins de France (dont la richesse et la variété nous semblent suffire à remplir une vie ou deux) ; néanmoins nous envisageons d’avoir une traduction/version du site en anglais… Mais notre « niche » – vaste – ce sont les vins de France (nous ne préjugeons bien sûr en rien de la qualité des vins d’ailleurs ; mais nous avons le sentiment que ce n’est pas une mauvaise chose de ne nous consacrer qu’à la filière française, qu’elle en a plutôt besoin). » Bien sûr, mais une présentation des vins de France aussi en anglais pour un public plus vaste serait une valeur ajoutée appréciable. Bien sûr, cela complique le projet puisqu’il faudra alors penser à une géolocalisation des points de vente.
Mais Antonin et son équipe n’en sont pas encore là. Pour l’instant, l’internaute a un outil de travail agréable et facile d’utilisation pour partir à la découverte des vins français. L’avenir nous dira s’il ne s’agit encore là que d’un énième guide des vins en ligne mais au moins, l’interactivité du support apporte fraîcheur et amusement au processus. Bonne route à vindicateur.fr.
