Vin français à Shanghaï

18 mai 2010

in International

Une courte semaine à Shanghaï n’a fait qu’aiguiser mon envie de retourner non seulement dans cette ville fascinante mais aussi de découvrir plus en profondeur ce pays de contrastes. Shanghaï est la ville de tous les extrêmes : extrême richesse et extrême pauvreté, éducation internationale d’une élite privilégiée et illetrisme d’une grande partie de la population, attachement à la tradition et réalisations architecturales ultra-contemporaines,  jardins traditionnels et plaza fonctionnelles, temples bouddhistes et matérialisme, internationalisation et totale méconnaissance d’une langue étrangère, tours vertigineuses et échoppes sans eau ou électricité. Bref, une ville époustouflante et très séduisante.

Mais qu’en est-il du vin ? Première constation, le vin ne fait vraiment pas partie de la culture chinoise. Jusque dans les meilleurs restaurants chinois de la ville, le thé est la boisson spontanément offerte.   Le thé est d’ailleurs devenu un produit à la mode avec dégustation et crus.  En revanche, le srestaurants étrangers et donc français, proposent une belle carte des vins. Chez M. et Mme Bund, restaurant français,  la carte propose de grands crus bordelais, de grands vins bourguigons sans oublier Champagne et autres régions françaises. Le restaurant offre même de grands crus au verre en trois tailles différentes ! Bien évidemment, le restaurant reçoit principalement des expatriés ou des businessmen chinois accompagnés de leurs homologues occidentaux.

Plus intéressante est ma petite promenade au fil des supermarchés et des caves.  J’ai pu ainsi rencontrer deux cavistes qui, chacun dans leur quartier, ne servent et ne vendent que des vins français. Jack Zwang a créé J-Vino pour le simple plaisir de vendre des vins français et d’apprendre à ses compatriotes le plaisir de boire de grands vins. La démarche de Yong Jeanjean, propriétaire d’Epicure, est bien différente: Yong a vécu huit ans en France et a décidé de partager sa connaissance de la gastronomie et des vins français avec ses compatriotes. Dans sa petite boutique du quartier français, elle propose des vins, des produits gourmets et une petite restauration de qualité : tartines et autres gourmandises attendent ses clients.

Plus loin,  certaines boutiques associent vente de tabac et de vins. C’est dans l’une de ces boutiques que j’achète deux bouteilles de vin de ChangYu, un des trois grands producteurs chinois avec Dynasty et Great Wall. La qualité des vins, qui coûtent entre 4 et 7 euros, est stupéfiante. En revanche, le vin rouge de Great Wall est très décevant.

Grand producteur de vins, le pays n’est pas encore mûr pour la dégustation de vins complexes mais le travail de certains Chinois cultivés et amoureux de la vigne changera sans doute la donne. Bien sûr, les vins importés ne représentent que 2% des vins consommés et les taxes d’entrée en Chine continentale sont dissuasives. Mais le changement des mentalités est en marche et – parions ? – dans deux ans, je vous raconterai une histoire bien différente.

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