From the category archives:

Tendances consommation

“L’avenir de la critique du vin, c’est la rencontre entre l’expert et le consommateur”, déclare Thierry Desseauve à vitisphere.com. S’il reconnaît bien volontiers (et nous en rendons grâce à son infinie sagesse) qu’il a recruté son collaborateur Thierry Meyer grâce à la “pertinence de ses interventions sur des forums depuis 2001″, il récuse tous les autres “passionnés” qui “s’expriment avec une violence verbale effarante pour défendre des positions d’ayatollahs, avec la prétention d’imposer des avis tranchés, sur des vins qu’ils ont goûté une fois”. Oooops! C’est l’expression qui a fâché la communauté française d’internautes du vin !

L’expression est malencontreuse, certes mais ce qui me fait sourire est l’emploi du mot “expert”. C’est cela qui est ennuyeux avec les littéraires : ils s’arrêtent souvent à des détails inattendus. Qu’est-ce qu’un expert ? Si j’en crois le Robert (le dictionnaire, pas M. Parker), on trouve des “experts” en droit (personne chargée de faire des examens et constatations en vue d’un procés), en comptabilité(expert-comptable) et en art. “Expert” s’emploie plutôt comme adjectif au sens successivement de “adroit, habille”, “capable, compétent” et, enfin, “connaisseur, instruit, averti”.  Au vu de ces considérations sémantiques, qu’est-ce qui empêche un consommateur d’être “connaisseur” ou “compétent” ? Après tout, une vie passée à déguster des vins, à les comparer et à les commenter peut faire d’un passionné un connaisseur de haut niveau : il devient expert. Des exemples ? Robert Parker avocat de profession, Allen Meadows, le célèbre Burghound, grand spécialiste américain des vins de Bourgogne et banquier de formation,  et quelques autres qui ont atteint le sommet par la passion et le travail. Il n’y a donc pas de dichotomie entre consommateur et expert : le consommateur peut être expert !

{ 1 comment }

Le monde du vin est bien différent aux Etats-Unis. Evidence ? Bien sûr mais certaines habitudes de consommation californiennes pourraient être aisément importées en France pour le plus grand bonheur des consommateurs et, conséquence directe, celui de nos vignerons.

Savez-vous ce qui fait ma joie quand j’arrive dans un supemarché américain? C’est le rayon des vins – qui est mon cauchemar en France. Pourquoi ? Tout simplement parce que les vins sont présentés de manière logique : les rouges avec les rouges, les blancs avec les blancs, les rosés avec les rosés, le tout par cépages (eh! oui! cela nous manque mais c’est un autre débat) pour les vins domestiques et, pour les vins importés, par pays et pour chaque pays, par couleur. Simpliste, me direz-vous? Oui, bien sûr, mais simple d’utilisation pour le consommateur ! Et au lieu de traverser le rayon vins avec dédain et le nez en l’air comme je le fais en France, je passe un bon moment dans mon supermarché américain à lire les petites cartes informatives fournies par le magasin, les contre-étiquettes qui me renseignent sur l’accord mets/vins, par exemple et à remplir mon panier. J’ai même vu, sur ces fameuses contre-étiquettes, de petits graphiques indiquant sur une échelle de 1 à 5 le niveau de sucrosité ou d’acidité du vin, voire même ce que l’on appelle “fruitiness”, c’est-à-dire le goût de fruit du vin.  Ce petit diagramme aide à prendre sa décision en fonction du menu, de son humeur ou du temps.

Autre chose que j’apprécie particulièrement : les longues listes de vins au verre dans les restaurants qui, pour 5 à 9 dollars, vont me permettre de goûter un ou deux vins différents avec mon repas. Cela n’a l’air de rien mais, quand on aime explorer la vaste palette des vins offerts dans le monde, il est particulièrement agréable de pouvoir déguster des vins très différents les uns des autres sans risquer l’ivresse. Pourquoi ne pas offrir à nos touristes étrangers la possibilité de découvrir nos différents vignobles dans un verre de vin et de nous permettre, à nous pauvres autochtones, de déguster avec joie un verre d’un vin que nous ne pourrions pas nous offrir à la bouteille ?  Et luxe inouï, la possibilité d’apporter ma propre bouteille de vin, contre un modique droit de bouchon, est offerte dans n’importe quel restaurant, qu’il soit haut de gamme ou non.  Personne ne sourcille ou ne fait de commentaires sur la “radinerie” du client qui ne veut pas acheter une bouteille au restaurant.

Bref, efficacité et liberté d’action pour le consommateur permettent à l’industrie du vin américaine de garder la tête hors de l’eau, à un moment où l’amateur américain ne réduit pas sa consommation de vin mais réduit son budget.  Ces petits “trucs” tout simples seraient faciles à mettre en oeuvre en France : à nous, consommateurs et aux côtés de nos vignerons de demander un peu plus de flexibilité pour que la consommation de vin reste un plaisir partagé par tous. Cheers!

{ 0 comments }

Bientôt la réalité si l’on en croit le créateur du site UnVigneronalaMaison.fr , Philippe Kazek. Et en plus, c’est un astucieux moyen de vente directe au consommateur. Le principe est simple : l’amateur de vins s’inscrit sur le site, décrit brièvement son profil et sera alors contacté par un vigneron qui viendra lui présenter et lui faire déguster ses vins à domicile. Bien sûr, il demande que l’amateur invite quelques amis afin de se faire connaître et, disons-le franchement, pour rendre la soirée plus conviviale. Quitte à avoir un vigneron chez soi, autant en faire profiter amis, voisins et famille !

Cette sympathique idée est venue à Philippe Kazek à la suite de son étude de marché qui a montré que les vignerons ont du mal à rentabiliser leurs déplacements vers des salons et des manifestations. Sur le chemin du retour, pourquoi ne pas s’arrêter chez des amateurs bien disposés à leur égard ?

Bien sûr, on peut se poser quelques questions. Comment le site va-t-il se financer ? P. Kazek demande une petite contribution aux vignerons en contrepartie de leur inscription sur le site. Cette partie n’est pas encore activée sur le site mais le sera sans doute bientôt car elle est un peu au coeur du dispositif. Par ailleurs, une fois les relations entre vignerons et amateurs établies, il sera possible de s’intégrer à la communauté pour partager ses expériences et organiser d’autres soirées.

La formule, novatrice et séduisante, montre l’esprit d’entreprise d’un amateur de vins qui n’hésite pas à partager sa passion avec les autres. Allons donc vite nous inscrire sur son site.

{ Comments on this entry are closed }

Rarement, un déplacement dans une région française n’a été aussi agréable et enrichissant.  Tout d’abord, j’ai eu le plaisir de passer la matinée et l’aprés-midi avec Caroline Lestimé du Domaine Jean-Noël Gagnard et Emmanuel Bourguignon à Chassagne-Montrachet. Comme d’habitude, Caroline m’a fait découvrir une petite partie de ce qui fait la richesse et la diversité de cette région. Découverte gastronomique, tout d’abord car Caroline est sans doute l’une de ces personnes qui sait le mieux marier vins et mets. Elle m’a donc entraînée chez Pierre et Jean, la brasserie despropriétaires du restaurant gastronomique de Chagny, Lameloise. Après ce moment convival où Emmanuel Bourguignon nous a raconté l’histoire de sa famille et expliqué comment les sols sont si importants pour la viticulture, nous sommes repartis pour explorer plusieurs parcelles deu vignoble de Caroline. Celle-ci gère maintenant le domaine depuis vingt ans et a très vite imprimé sa griffe sur les vins. Elle a aussi entrepris une réflexion sur la nature et la diversité de ses terroirs. Dès l’an 2000,  elle a renoncé à l’emploi d’herbicides et a choisi la soin mécanique du sol, ce qui a entraîné de nombreux efforts humains et financiers. Aujourd’hui, elle va encore plus loin avec l’aide d’Emmanuel Bourguignon, le fils des célèbres Claude et Lydia Bourguignon puisque  le Domaine passe en agriculture biologique. Certaines parcelles ont donc été semées de diverses graines pour en renouveler la richesse après l’arrachage de vieux ceps. Simultanément, le Domaine a renoncé à l’utilisation de produits chimiques et préfère les produits minéraux.

Après cet aprés-midi instructive,  Caroline m’a entraînée dans une grande promenade en voiture à travers les principaux vignobles et villages de la côte chalonnaise : Puligny, Volnay, me signalant les jolies demeures et les parcelles célèbres. Quel voyage merveilleux jusqu’à Beaune!

Mais la journée était loin d’être terminée puisque les deux comparses de Bourgogne Live, François et Aurélien, m’avait invitée à les retrouver dans Les caves de L’Abbaye, où nous attendait Pascal Wagner, le dynamique et érudit propriétaire. Nous y étions rejoints par Laurent Gotti, rédacteur en chef adjoint de la revue Bourgogne Aujourd’hui et Marthe Henry, bloggeuse de l’Actu du Vin.  Pascal Wagner nous a accueilis avec un superbe champagne non dosé Moutard. Un mot sur Pascal Wagner: sa cave  avec une table d’hôtes est un endroit merveilleux, non seulement par son cachet médiéval mais aussi – et surtout – à cause de la gentillesse et de la générosité de Pascal. Il nous a invités pour partager non seulement des vins apportés par chacun (sauf moi, à cause de ces ridicules restrictions dans les avions mais ce n’est que partie remise!) mais aussi le repas délicieux et délicieusement frais qu’il nous a offert. Merci donc à Pascal dont l’hospitalité est inoubliable!  Dans ce cadre historique, la conversation a, bien sûr, tourné autour du Web et du vin, du Web du vin et autres sujets technologiques. Cela ne nous a pas empêché de déguster un vin étonnant fait selon une recette de 910 (oui, oui, l’an 910), improbable résultat d’un assemblage de Pinot, Chardonnay et Gamay. J’avoue avoir beaucoup aimé. Sur une Cuvée des Pénitents, conjoitement élaborée par Geantet et Mellot, nous avons évoqué le livre de Laurent Gotti sur les Hospices de Beaune. Puis nous avons écouté Marthe me raconter son histoire. Et bien sûr, François et Aurélien nous ont tout dit sur BourgogneLive et leurs projets. Mais chut! c’est encore un secret.

De cette journée, certes longue, j’ai retenu surtout la richesse des amitiés nées sur le Web d’une même passion, celle du vin et de l’excellence. Le Web, souvent décrié pour ses défauts et ses limites, est aussi une formidable force pour réunir des hommes et des femmes partageant une même passion qui ne se seraient jamais rencontrés en d’autres circonstances. Cette soirée inoubliable n’est-elle pas la meilleure réponse à tous les esprits chagrins qui ne voient que le mauvais côtés d’un phénomène sociétal international ? A bon entendeur, salut!

{ Comments on this entry are closed }

“Sur Internet, l’alcool coule à flots”

juin 16, 2010

Sous ce titre provocateur, Delphine Chayet dans Le Figaro du 15 juin rend compte des inquiétudes de l’Association Avenir Santé et de l’inévitable Association Nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ouf! en abrégé, Anpaa). D’après eux, il y a 1 500 pages ou groupes sur Facebook avec le mot “alcool”. Et savez-vous quels sont [...]

Lire la suite →

Jacques Puisais parle du terroir

juin 10, 2010

C’est avec grand plaisir qu’aujourd’hui je laisse la parole à Jacques Puisais, oenologue, sur le terroir. Jacques Puisais a accordé cet entretien filmé pour ouvrir le colloque sur le Terroir du Malbec pendant les Journées Internationales du Malbec qui se sont tenues à Cahors du 20 au 23 mai. Jacques Puisais y parle de manière [...]

Lire la suite →

Le vin à la télé?

juin 1, 2010

Pas pour demain car à la télé, “on y tolère la pire vulgarité, une violence inouïe… Mais montrer une bouteille de vin, ça c’est indécent!” C’est en ces termes virulents que Jean-Michel Peyronnet, fondateur de la future chaîne Edonys consacrée au vin, s’indgne dans le dernier numéro de L’Amateur de Bordeaux. Où en est donc [...]

Lire la suite →

Millesima lance son application iPhone

mai 28, 2010

Et voici encore une innovation française, lancée par le négociant bordelais Millesima avec la société Business Anywhere de Pessac aux commandes de la technique.  Encore un cocorico après nos amis de winefair.com. J’avoue être heureuse de voir que de jeunes Français ont attrapé le virus entrepreunarial de nos amis d’Outre-Atlantique et n’hésitent pas à se [...]

Lire la suite →

Pastilles de goût ou profils de goût ?

avril 23, 2010

Nos amis canadiens sont très créatifs et n’hésitent pas à innover pour attirer leurs compatriotes dans le monde du vin en le simplifiant et en le rendant plus ludique.  La SAQ, qui a pour mission de distribuer les boissons alcoolisées au Canada francophone, a créé les “pastilles de goût“.  La société VinoLogik a riposté en [...]

Lire la suite →

Renouveler la communication des liquoreux

avril 17, 2010

Les vins liquoreux et moelleux, qu’il s’agisse de Vendanges Tardives, de Sauternes,de Monbazillac ou de Barsac,  ont une image désuète qui ne correspond plus à la vie que mènent maintenant les amateurs de vins. Et c’est un comble! A l’heure où les jeunes générations ont un palais sensible au sucre en raison de leur consommation [...]

Lire la suite →