« L’avenir de la critique du vin, c’est la rencontre entre l’expert et le consommateur », déclare Thierry Desseauve à vitisphere.com. S’il reconnaît bien volontiers (et nous en rendons grâce à son infinie sagesse) qu’il a recruté son collaborateur Thierry Meyer grâce à la « pertinence de ses interventions sur des forums depuis 2001″, il récuse tous les autres « passionnés » qui « s’expriment avec une violence verbale effarante pour défendre des positions d’ayatollahs, avec la prétention d’imposer des avis tranchés, sur des vins qu’ils ont goûté une fois ». Oooops! C’est l’expression qui a fâché la communauté française d’internautes du vin !
L’expression est malencontreuse, certes mais ce qui me fait sourire est l’emploi du mot « expert ». C’est cela qui est ennuyeux avec les littéraires : ils s’arrêtent souvent à des détails inattendus. Qu’est-ce qu’un expert ? Si j’en crois le Robert (le dictionnaire, pas M. Parker), on trouve des « experts » en droit (personne chargée de faire des examens et constatations en vue d’un procés), en comptabilité(expert-comptable) et en art. « Expert » s’emploie plutôt comme adjectif au sens successivement de « adroit, habille », « capable, compétent » et, enfin, « connaisseur, instruit, averti ». Au vu de ces considérations sémantiques, qu’est-ce qui empêche un consommateur d’être « connaisseur » ou « compétent » ? Après tout, une vie passée à déguster des vins, à les comparer et à les commenter peut faire d’un passionné un connaisseur de haut niveau : il devient expert. Des exemples ? Robert Parker avocat de profession, Allen Meadows, le célèbre Burghound, grand spécialiste américain des vins de Bourgogne et banquier de formation, et quelques autres qui ont atteint le sommet par la passion et le travail. Il n’y a donc pas de dichotomie entre consommateur et expert : le consommateur peut être expert !
Rarement, un déplacement dans une région française n’a été aussi agréable et enrichissant. Tout d’abord, j’ai eu le plaisir de passer la matinée et l’aprés-midi avec Caroline Lestimé du Domaine Jean-Noël Gagnard et Emmanuel Bourguignon à Chassagne-Montrachet. Comme d’habitude, Caroline m’a fait découvrir une petite partie de ce qui fait la richesse et la diversité de cette région. Découverte gastronomique, tout d’abord car Caroline est sans doute l’une de ces personnes qui sait le mieux marier vins et mets. Elle m’a donc entraînée chez Pierre et Jean, la brasserie despropriétaires du restaurant gastronomique de Chagny, Lameloise. Après ce moment convival où Emmanuel Bourguignon nous a raconté l’histoire de sa famille et expliqué comment les sols sont si importants pour la viticulture, nous sommes repartis pour explorer plusieurs parcelles deu vignoble de Caroline. Celle-ci gère maintenant le domaine depuis vingt ans et a très vite imprimé sa griffe sur les vins. Elle a aussi entrepris une réflexion sur la nature et la diversité de ses terroirs. Dès l’an 2000, elle a renoncé à l’emploi d’herbicides et a choisi la soin mécanique du sol, ce qui a entraîné de nombreux efforts humains et financiers. Aujourd’hui, elle va encore plus loin avec l’aide d’Emmanuel Bourguignon, le fils des célèbres Claude et Lydia Bourguignon puisque le Domaine passe en agriculture biologique. Certaines parcelles ont donc été semées de diverses graines pour en renouveler la richesse après l’arrachage de vieux ceps. Simultanément, le Domaine a renoncé à l’utilisation de produits chimiques et préfère les produits minéraux.
Après cet aprés-midi instructive, Caroline m’a entraînée dans une grande promenade en voiture à travers les principaux vignobles et villages de la côte chalonnaise : Puligny, Volnay, me signalant les jolies demeures et les parcelles célèbres. Quel voyage merveilleux jusqu’à Beaune!
Mais la journée était loin d’être terminée puisque les deux comparses de Bourgogne Live, François et Aurélien, m’avait invitée à les retrouver dans Les caves de L’Abbaye, où nous attendait Pascal Wagner, le dynamique et érudit propriétaire. Nous y étions rejoints par Laurent Gotti, rédacteur en chef adjoint de la revue Bourgogne Aujourd’hui et Marthe Henry, bloggeuse de l’Actu du Vin. Pascal Wagner nous a accueilis avec un superbe champagne non dosé Moutard. Un mot sur Pascal Wagner: sa cave avec une table d’hôtes est un endroit merveilleux, non seulement par son cachet médiéval mais aussi – et surtout – à cause de la gentillesse et de la générosité de Pascal. Il nous a invités pour partager non seulement des vins apportés par chacun (sauf moi, à cause de ces ridicules restrictions dans les avions mais ce n’est que partie remise!) mais aussi le repas délicieux et délicieusement frais qu’il nous a offert. Merci donc à Pascal dont l’hospitalité est inoubliable! Dans ce cadre historique, la conversation a, bien sûr, tourné autour du Web et du vin, du Web du vin et autres sujets technologiques. Cela ne nous a pas empêché de déguster un vin étonnant fait selon une recette de 910 (oui, oui, l’an 910), improbable résultat d’un assemblage de Pinot, Chardonnay et Gamay. J’avoue avoir beaucoup aimé. Sur une Cuvée des Pénitents, conjoitement élaborée par Geantet et Mellot, nous avons évoqué le livre de Laurent Gotti sur les Hospices de Beaune. Puis nous avons écouté Marthe me raconter son histoire. Et bien sûr, François et Aurélien nous ont tout dit sur BourgogneLive et leurs projets. Mais chut! c’est encore un secret.
De cette journée, certes longue, j’ai retenu surtout la richesse des amitiés nées sur le Web d’une même passion, celle du vin et de l’excellence. Le Web, souvent décrié pour ses défauts et ses limites, est aussi une formidable force pour réunir des hommes et des femmes partageant une même passion qui ne se seraient jamais rencontrés en d’autres circonstances. Cette soirée inoubliable n’est-elle pas la meilleure réponse à tous les esprits chagrins qui ne voient que le mauvais côtés d’un phénomène sociétal international ? A bon entendeur, salut!
La vente de vin sur Internet continue à se développer, lentement mais sûrement. Il est vrai que les sites de vente sont de plus en plus diversifiés et offrent de multiples opportunités de choix que le consommateur ne pourrait s’offrir sans parcourir le pays et le monde à la recherche d’une bouteille. A côté des « grands » comme Millésima dont le coeur de cible est l’amateur de grands crus français, il existe des sites moins visibles mais très séduisants pour la petite bouteille de ce soir ou celle qui va étonner les amis.
En premier lieu, il y a les sites bâtis sur l’exemple de venteprivee.com, c’est-à-dire des sites qui offrent des bouteilles jusqu’à épuisement du stock. J’en ai repéré trois : le plus ancien, cave-privee.com, lancé en 2006 par Benjamin de Longuerue, ancien directeur marketing de chateauonline.com ; 1jour1vin.com, plus jeune et branché qui, parfois, réserve de petites (mais agréables) surprises et ventealapropriete.com. Ces sites achètent les vins à la propriété et l s offrent au prix départ propriété. Vins de France ou vins de l’étranger, il y en a pour tous les goûts : rouges, blancs, rosés, à bulles, à l’unité chez cave-privee.com ou par cartons de 3 ou 6 chez ses concurrents. Ces sites permettent de se constituer une cave originale à des prix tout à fait corrects et sans avoir à prendre sa voiture pour se rendre chez les vignerons. Quoique rien ne vous en empêche si vous préférez cela…!
Mais la grande innovation vient du système du club par abonnement. Olivier de Suremain, jeune entrepreneur au profil international, a créé il y a un peu plus d’un an LesMoisduVin.com. Tous les mois, pour une somme tout à fait raisonnable, l’abonné reçoit un, deux ou trois vins sélectionnés par Olivier de Suremain., avec la complicité de l’expert Jacques Vivet, oenologue de formation. Le site est jeune, dynamique et les astuces ne manquent pas : possibilité d’acheter à prix réduit les vins sélectionnés qui vous auront séduit(e), se faire livrer à son domicile ou son lieu de travail (ce qui évite l’agaçante queue du samedi matin à la Poste) et bien d’autres. Là aussi, un choix original, hors de votre région d’origine mais strictement limité à la France. Peut-être une ouverture à l’international quand le site aura grandi ?
Bref, pour l’amateur français de vins originaux, inconnus ou difficiles d’accès, les ressources virtuelles ne manquent pas. Alors à vos claviers !
C’est avec grand plaisir qu’aujourd’hui je laisse la parole à Jacques Puisais, oenologue, sur le terroir. Jacques Puisais a accordé cet entretien filmé pour ouvrir le colloque sur le Terroir du Malbec pendant les Journées Internationales du Malbec qui se sont tenues à Cahors du 20 au 23 mai. Jacques Puisais y parle de manière limpide et brillantissime (pardonnez-moi cet horrible mot) de ce concept difficile.
Jacques Puisais y évoque non seulement les différents types de terroir mais également l’influence du terroir dans la gastronomie ou, bien sûr, les implications philosophiques de ce concept.
Pourquoi une vidéo sur le terroir, sujet on ne peut plus classique pour un blog centré sur l’innovation ? Parce qu’en écoutant Jacques Puisais, j’y ai découvert des concepts innovants et même novateurs. Je vous laisse écouter. La vidéo est un peu longue selon les standards du Web mais je ne me suis pas ennuyée une seconde.
La semaine des Primeurs est venue et passée à Bordeaux. Le millésime 2009 a séduit les journalistes du monde entier. Les internautes n’ont que l’embarras du choix quant à la lecture sur ce millésime. Pour ma modeste personne, 2009 a aussi été un bon millésime. J’ai pu terminer la rédaction de mon nouveau livre en [...]
Ecrire un blog est très « tendance », selon le jargon actuel, d’où mon hésitation à me lancer sur ce créneau. Ceux qui me connaissent un peu savent que je sévis depuis déjà deux ans sur winebrandsblog.com, lié au départ à mon livre écrit en anglais, Wine Brands, paru en 2008. Et voilà que j’ai commis un [...]