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Général

Après plusieurs mois de silence, je reprends le chemin du monde virtuel. Pourquoi cette longue absence ? Bien sûr, je pourrais invoquer de multiples occupations professionnelles, des conférences en Europe et aux Etats-Unis, des étudiants qui m’accaparent car passionnants et passionnés, des articles à écrire, des recherches en cours. Mais il ne faut pas se leurrer : ce ne sont que faux prétextes. L’écriture et la communication sont trop ancrées dans mon ADN pour que des activités aussi accaparantes soient-elles m’empêchent de m’exprimer.  En fait, je ne sentais plus dans ce monde du vin que j’aime tant cet esprit d’aventure et d’innovation qui est le fondement de ce blog. Où étaient les nouvelles tendances ? Où étaient les innovateurs ? Frileusement repliés sur eux-mêmes en ces temps de crise ? Déprimés par le contexte international ? Je ne sais pas mais je ne trouvais plus matière à nourrir ce blog et ai dû, à mon grand chagrin, l’interrompre en attendant que revienne l’inspiration chez tout un chacun.

Et voilà que tout bouge à nouveau : effet de la nouvelle année ? Regret de ne plus avancer ? Bref, le monde du vin bouge et frémit. Je reprends donc place derrière mon clavier pour partager avec vous les quelques réflexions que m’inspirent le vin, l’innovation, les nouvelles tendances françaises et internationales. J’espère que nous ferons une longue route ensemble au côté de nos amis du vin.

Le QR code en bouchons de liège de Ryan O'Connell

Le QR code en bouchons de liège de Ryan O'Connell

Au travail donc !  Au menu : le QR code. Le QR code est un type de code barres en deux dimensions que l’on voit maintenant apparaître sur des publicités, des affiches et des bouteilles de vin.  Grâce à une application, généralement gratuite, on peut, avec son téléphone mobile, décoder un vin. Fini le temps où, perplexe dans  le rayon vins de son supermarché, on se connectait à son site préféré pour obtenir quelques renseignements sur la bouteille que l’on envisage d’acheter et obtenir des réponses à ses questions : le prix est-il correct par rapport aux autres lieux de vente ? Le vin ira-t-il avec le dîner ? Fera-t-il un joli cadeau pour les amis chez qui l’on va passer la soirée ? Bref, théoriquement, le QR code doit répondre à toutes ces questions.

Le problème est que cela reste encore théorique. Car le contenu derrière le QR code n’est pas toujours à la hauteur des attentes du consommateur. Souvent le code renvoie sur un site Web difficilement lisible sur un téléphone portable. Derrière l’adoption du QR code, il faut, bien sûr, une réflexion stratégique : quelles seront les informations vraiment utiles pour l’internaute ? Le site Web disponible est-il vraiment l’outil de référence pour ce type de connection ? Est-ce vraiment utile sur une bouteille ? Certains producteurs n’en voient pas l’utilité et réservent leur QR code pour les plaquettes, les publicités ou les fiches de dégustation.

Quand le contenu derrière le QR code est bien réfléchi, l’expérience est positive pour le consommateur. Je viens ainsi de « flasher » le QR code des vins de Buzet sur leur plaquette d’information, le Petit Canard. Le QR code général renvoie à la page de leur gamme sur leur site Web, peu lisible sur un iPhone car non adaptée à la technologie mobile. Résulat : deficit de confiance du consommateur frustré. En revanche, au coin de l’article, je découvre un second QR code, « Découvrez l’avis des consommateurs ». Voilà qui est amusant et novateur ! Je flashe et arrive sur une URL decodezmoi.com. La sélection proposée est leur rosé 2010 « Le Lys ».  J’apprends ainsi que les internautes lui ont attribué 5 coeurs (« on adore »), qu’il a été considéré comme « fruité » et « léger »,  que c’est un vin pour dîner en amoureux (parfait – la Saint-Valentin est au coin de la rue!) et qu’on peut le consommer en apéritif, avec de la viande blanche ou un dessert. Bref, j’ai tous mes renseignements.  Et, après ma soirée, je peux donner mon avis et partager avec la communauté. Voilà une utilisation ludique et facile d’une petite application autour d’une appellation. Bravo aux vignerons de Buzet qui méritent une plus grande attention des consommateurs !

 

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Après quelques semaines de vagabondages viniques et touristiques aux Etats-Unis et en France, me revoici derrière mon écran d’ordinateur, les yeux encore pleins de ces paysages de vignes et la tête remplie de ces rencontres avec des vignerons, sommeliers, cavistes et professionnels du vin. S’il est vrai que l’écriture se ressent un peu de ces pérégrinations, elle n’en sera que plus riche – du moins, je l’espère – maintenant que j’ai pris un peu de recul et que je peux partager avec vous cette expérience passionnante.

Cahors Malbec Lounge

Cahors Malbec Lounge, photo UIVC

Retour donc en France, dans ce beau Sud-Ouest qui bouge pour attirer dans ses vignobles les touristes et les amateurs de bons vins. La palme de l’originalité revient sans doute à Cahors qui fait un retour en force dans l’imaginaire des amateurs et les étagères des cavistes. Poursuivant sa stratégie de repositionnement sur le cépage Malbec et renforçant son concept de modernité, Cahors a créé un superbe « Cahors Malbec Lounge » qui accueille le public, organise des dégustations et promeut les vins de Cahors en fonction de leur expression.

 

Cahors n’est pas la seule appellation à promouvoir son terroir et ses vins grâce à des lieux prestigieux ou des événements plaisants. Grâce à la société Millesima, la Champagne est mise à l’honneur pendant 3 jours de plaisir et d’exception : les participants à cet événement sont conviés à découvrir les arcanes du monde du Champagne, les plus grandes maisons de Billecart-Salmon à Ruinart, en passant par Bollinger ou Veuve Clicquot. Bien sûr, la gastronomie locale sera mise en valeur.

Ces deux cas ne sont que la partie visible de l’iceberg, si je puis dire. L’oenotourisme est une tendance lourde dont j’ai entendu parler tout l’été, que ce soit en Virginie où les autorités touristiques mettent l’accent sur leurs deux cents producteurs, en Californie, bien sûr et en France où producteurs et responsables touristiques travaillent main dans la main. Voyez, par exemple, ce GPS que vous pouvez emprunter à l’office du tourisme pour visiter les vignobles de Pessac-Léognan près de Bordeaux, les initiatives des Médocaines ou celles qui vont être prochainement récompensées par les « Best Of » de l’oenotourisme décernés par le Great Wine Capitals Network.

Bref, prenez le train, la voiture, l’avion, votre bicyclette ou vos chaussures de randonneurs, munissez-vous d’un GPS et découvrez les vignobles du monde. Vous serez éblouis!

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Monticello et Thomas JeffersonQuand on se penche sur l’histoire des vins américains, c’est bien souvent la Californie qui vient à l’esprit comme la patrie du vin américain. Pourtant les vins californiens ne remontent qu’à la seconde moitié du 19ème siècle avec l’arrivée des immigrants européens, souvent italiens (Mondavi, Gallo, Sebastiani), allemands (Schram) ou français (Georges de Latour, fondateur de Beaulieu Vineyards).  Or l’histoire américaine a commencé sur la côte Est au 16ème siècle et c’est là que les premiers arrivants ont trouvé trace de vignes locales qu’ils ont négligées, préférant importer des variétés européeenes qui n’ont résisté ni au climat, ni aux maladies.

Il faudra attendre Thomas Jefferson, un des fondateurs des Etats-Unis d’Amérique, ambassadeur de son pays en France et troisième président des Etats-Unis pour que le vin essaie à nouveau de trouver sa place dans la culture américaine au début du 19ème siècle. Thomas Jefferson est un Virginien de souche, francophile et grand amateur de vins français. Il fait venir de France les vins de Château Haut-Brion et de Château Margaux,  ainsi que les grands vins de Bourgogne. Mais surtout, il se fait l’avocat de la viticulture américaine : il se dit certain qu’un jour, les Etats-Unis produiront des vins aussi bons que les vins européens. A son époque, les Américains boivent principalement des alcools forts, des vins fortifiés comme du Porto ou les vins locaux, souvent sucrés, issus de cépages comme le Concord ou le Norton. Les vins français que le président sert à sa table ne rencontrent guère de succès auprès de ses invités qui les trouvent trop « légers » en goût et alcool et, parfois, amers.

Jefferson essaiera pourtant de planter des vignes en Virginie, autour de sa propriété, Monticello qu’il confiera à l’Italien Filippo Mazzei. Il échouera de son vivant mais son rêve s’est maintenant réalisé. La Virginie produit de superbes vins, principalement du Viognier, cépage originel de l’état. Il existe maintenant plus de 200 vignobles en Virginie, produisant du Viognier, du Sauvignon blanc mais aussi les cépages rouges nobles, tels que le Merlot, le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon. Les Virginiens ont prouvé qu’une fois de plus, Jefferson était un visionnaire à qui l’avenir a donné raison.

Malheureusement, la production des vins locaux est si petite qu’elle a bien du mal à se répandre ne serait-ce que dans les autres états américains, a fortiori à l’étranger. Il n’est pas rare de voir des vignobles produire 100, 180, 250 caisses maximum d’un de leurs vins. Les prix avoisinent alors les 18 à 25 dollars, faisant de ces bouteilles des produits super premium difficiles à vendre dans le contexte de la crise financière. Les vins virginiens sont un peu dans la situation des vins bourguignons de certaines familles.

Quelle stratégie marketing ont-ils donc adoptée ? L’économie virginienne repose sur le tourisme grâce à son histoire, à la présence de Thomas Jefferson et de sa superbe propriété ainsi qu’à quelques sites chargés d’histoire, parfois tragique, comme les nombreux lieux de bataille lors de la Guerre de Sécession (1860-1865). L’oenotourisme vient naturellement se greffer sur le tourisme culturel. Certains vignobles sont déjà organisés pour recevoir les touristes de manière agréable. Afton Mountain Vineyards, propriété d’Elizabeth et Tony Smith, dans le comté de Nelson près de Charlottesville, bénéficie d’une magnifique vue sur les montagnes et la vallée. Ils en ont profité pour installer une terrasse dans le prolongement de leur boutique et salle de dégustation où leurs clients peuvent pique-niquer un verre de vin à la main en profitant du superbe panorama. D’autres propriétés, elles aussi familiales, reçoivent autour du comptoir de la salle de dégustation et proposent leurs vins à la vente. C’est le cas de Flying Fox Winery ou de Cardinal Point Winery à Afton. Le charme de la dégustation vient de l’accueil chaleureux et personnalisé des propriétaires qui répondent aux questions avec enthousiasme et n’hésitent pas à emmener le client passionné dans leur chai ou leur cuvier.

L’oenotourisme local ne pourrait pas exister sans le soutien d’une stratégie digitale. Les vignobles familiaux, aussi petits soient-ils, ont tous un site Web, voire une page Facebook ou un compte Twitter. Souvent la nouvelle génération est aux commandes de cette initiative et permet une meilleure visibilité de la propriété. Quoi de plus important quand le voyageur peut maintenant prendre son bâton de pélerin (ou un avion) ou simplement sa souris pour un voyage virtuel?

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Le Web français du vin semble entrer dans une phase de créativité et d’innovation, utilisant les dernières tendances pour créer d’intéressantes initiatives. Mon attention a récemment été attirée par une jeune entreprise, Oenovino, lancée par le sommelier Jules Lamon. Selon son profil Facebook, Jules Lamon est diplômé de l’ENSAT (promotion 2001), ce qui fait de lui un ingénieur agronome. Il se présente également comme oenologue. Bref, des références sérieuses.

Oenovino est-il donc le club de dégustation Web 2.0 ? Alors que beaucoup de clubs envoient une sélection mensuelle d’une, deux ou trois bouteilles de leur choix sans trop se soucier des goûts de leurs clients, Oenovino propose l’envoi d’échantillons en format WIT. J’ai ainsi reçu récemment un WIT de Brouilly 2009, Château de la Terrière. J’avoue que Brouilly n’est pas vraiment mon appellation de prédilection ni mon vin préféré, mais il paraît qu’Oenovino tient compte des préférences de ses clients.

Dès le départ, le client peut choisir différents thèmes pour son envoi qui a lieu tous les deux mois : vins rouges, vins blancs, vin du monde, panachage, par exemple. Il déguste donc les vins tranquillement chez lui, peut les noter et les commenter sur le site d’Oenovino et a la possibilité d’acheter ceux qu’il a aimés à des tarifs préférentiels. Plus il note et commente les vins dégustés et plus Oenovino est en mesure de cerner ses préférences, apparemment à l’aide d’un algorythme semblable à celui d’Amazon, si j’en crois Pauline Lengaigne, chargée de communication du site. Il devient donc possible d’envoyer des vins qui correspondent aux goûts du client, grâce aux notes et commentaires faits sur les vins précédemment dégustés.

J’avoue ne pas avoir encore testé l’efficacité du procédé mais la technologie permet, en effet, de suivre l’évolution des goûts des consommateurs. Quel client d’Amazon n’a pas reçu de message lui faisant remarquer qu’il aimait les livres de tel auteur et lui en proposant le dernier titre ? Certains se formalisent de ce qu’ils considèrent comme une intrusion dans leur vie privée tandis que d’autres, dont je suis, apprécient le gain de temps ainsi généré par la veille et l’analyse effectuées par le site.

Appliquée au monde du vin, ce qui est très nouveau, cette stratégie est fort intéressante. En effet, n’est-il pas décevant que votre club préféré vous envoie une bouteille de Brouilly alors que vous n’aimez que les vins épicés du Languedoc ou la subtilité d’un Meursault ? J’aime l’idée conjointe d’une étude appliquée de mes goûts de consommatrice et d’une efficacité à l’américaine.

Si le procédé est tout à fait en faveur du consommateur (ce qui est réjouissant), qu’en est-il de la rentabilité d’Oenovino pour ses fondateurs ? L’avenir nous le dira mais je crois fermement en ce principe qui donne la primauté au client – la base même du Web 2.0. Bravo donc à Jules Lamon et à son équipe et… à bientôt !

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Les « nouveaux » négociants

juin 24, 2011

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juin 20, 2011

Grâce à Suzanne Méthé, créatrice des « Wine Women Awards » et rédactrice en chef de L’Amateur de Vins et Spiritueux, les femmes du vin étaient à l’honneur aujourd’hui à Vinexpo. Les « Wine Women Awards » sont décernés tous les deux ans depuis 2005 dans deux catégories, « amateur » et « professionelle ».  Les lauréates des précédentes éditions sont toutes maintenant [...]

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Blogueur, blogueuse du vin, même combat ?

juin 16, 2011

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Célébrer un cépage, suite (mais pas fin?)

mai 30, 2011

Alors que le Chardonnay Day vient de se terminer, je voudrais partager avec vous les résultats de l’impact d’une journée autour du Chardonnay sur sa visibilité sur Twitter. Pour ceux qui auraient raté un épisode, le Chardonnay Day est un événement international lancé par Rick Bakas, responsable de la gestion de St Supéry sur les [...]

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Célébrer un cépage dans le monde

mai 25, 2011

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Le blogger et l’argent

avril 13, 2011

Les relations entre les bloggers et l’argent sont complexes. L’action en justice de l’Américain Jonathan Tasini contre le site HuffingtonPost.com tend à le prouver. HuffingtonPost.com est un journal quotidien en ligne appartenant à Arianna Huffington et qu’elle vient de revendre à AOL pour la coquette somme de 305 millions de dollars. Et c’est là que [...]

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