La vente de vin sur Internet continue à se développer, lentement mais sûrement. Il est vrai que les sites de vente sont de plus en plus diversifiés et offrent de multiples opportunités de choix que le consommateur ne pourrait s’offrir sans parcourir le pays et le monde à la recherche d’une bouteille. A côté des « grands » comme Millésima dont le coeur de cible est l’amateur de grands crus français, il existe des sites moins visibles mais très séduisants pour la petite bouteille de ce soir ou celle qui va étonner les amis.
En premier lieu, il y a les sites bâtis sur l’exemple de venteprivee.com, c’est-à-dire des sites qui offrent des bouteilles jusqu’à épuisement du stock. J’en ai repéré trois : le plus ancien, cave-privee.com, lancé en 2006 par Benjamin de Longuerue, ancien directeur marketing de chateauonline.com ; 1jour1vin.com, plus jeune et branché qui, parfois, réserve de petites (mais agréables) surprises et ventealapropriete.com. Ces sites achètent les vins à la propriété et l s offrent au prix départ propriété. Vins de France ou vins de l’étranger, il y en a pour tous les goûts : rouges, blancs, rosés, à bulles, à l’unité chez cave-privee.com ou par cartons de 3 ou 6 chez ses concurrents. Ces sites permettent de se constituer une cave originale à des prix tout à fait corrects et sans avoir à prendre sa voiture pour se rendre chez les vignerons. Quoique rien ne vous en empêche si vous préférez cela…!
Mais la grande innovation vient du système du club par abonnement. Olivier de Suremain, jeune entrepreneur au profil international, a créé il y a un peu plus d’un an LesMoisduVin.com. Tous les mois, pour une somme tout à fait raisonnable, l’abonné reçoit un, deux ou trois vins sélectionnés par Olivier de Suremain., avec la complicité de l’expert Jacques Vivet, oenologue de formation. Le site est jeune, dynamique et les astuces ne manquent pas : possibilité d’acheter à prix réduit les vins sélectionnés qui vous auront séduit(e), se faire livrer à son domicile ou son lieu de travail (ce qui évite l’agaçante queue du samedi matin à la Poste) et bien d’autres. Là aussi, un choix original, hors de votre région d’origine mais strictement limité à la France. Peut-être une ouverture à l’international quand le site aura grandi ?
Bref, pour l’amateur français de vins originaux, inconnus ou difficiles d’accès, les ressources virtuelles ne manquent pas. Alors à vos claviers !
Et voici encore une innovation française, lancée par le négociant bordelais
Millesima avec la société Business Anywhere de Pessac aux commandes de la technique. Encore un cocorico après nos amis de winefair.com. J’avoue être heureuse de voir que de jeunes Français ont attrapé le virus entrepreunarial de nos amis d’Outre-Atlantique et n’hésitent pas à se lancer dans une aventure hardie avec une vision à longue échéance.
En effet, l’initiative de Millesima prouve que le monde du vin en France peut avancer avec une stratégie claire et innovante à partir du moment où l’on regarde le futur avec confiance et avec les bons éléments d’information en main. Les chiffres parlent en faveur du développment du m-commerce, le commerce mobile. La France est déjà équipée de 4 millions de smartphones, 2ème au classement mondial derrière les USA. En 2015, soit dans 5 ans, le trafic mobile aura augmenté de 400%. Au Royaume-Uni, la fréquentation de Facebook se fait déjà à 50% via un téléphone mobile. Ne parlons même pas du Japon qui est toujours en avance ou de la Chine qui a sauté l’étape du téléphone fixe pour entrer immédiatement dans la téléphonie 3G. Bref, un énorme marché potentiel pour qui sait se positionner.
Cette innovation technologique de Millesima s’inscrit directement dans la stratégie marketing dynamique développée sur le Web depuis plus de 3 ans sous l’impulsion de Gerard Spatafora, d’origine canadienne et de son équipe : développement des ventes sur Internet qui représentent maintenant 40% du CA, création d’une section vidéo et « rich media » confiée à Frédéric Lot, présence efficace sur Facebook et Twitter.
Et maintenant l’application iPhone dont les caractéristiques sont très intéressantes. En effet, elle reprend tous les aspects du site, y compris le paiement directement en ligne à partir de son mobile. C’est la grande nouveauté qui permet ainsi à l’internaute d’effectuer toutes les opérations nécessaires à son achat à partir de son mobile sans avoir à se connecter au Net pour le règlement sur son ordinateur. Chacun sait, en effet, qu’un achat sur Internet non finalisé dans les 15 minutes n’aboutira pas. Bien sûr, Millesima s’est entouré de toutes les garanties de sécurité tant pour le paiement que pour la confidentialité des données fournies par ses clients. Et, cerise sur le gâteau, l’application est disponible en 6 langues !
Au-delà des caractéristiques techniques, c’est la démarche marketing qui est aussi innovante. L’équipe de Millesima fonde toute sa politique commerciale sur la notion de personnalisation. Le consommateur actuel veut vivre dans sa bulle personnelle : cocooning à la maison d’où maintenant le monde est accessible grâce à Internet mais aussi sur son téléphone. A chacun sa sonnerie personnalisée mais aussi ses applications en fonction de ses passions. Regardez donc les iPhones de vos amis ou même de vos proches: les passionnés de vin et de gastronomie que nous sommes ont les apps du Guide Hachette, de Saveur ou d’un outil de gestion de cave. Les fans de football ou du Japon en ont d’autres. Bref, notre iPhone fait partie de ce monde personnel que nous nous créons.
Les clients haut de gamme de Millesima – n’oublions pas que l’on ne peut acheter qu’à la caisse de 12 bouteilles – vont donc avoir très bientôt accès à leur cave préférée qu’ils soient chez eux ou en déplacement, car le consommateur maintenant est nomade. Bonne route donc !
PS. Toutes mes excuses à ceux qui suivent aussi mon blog en anglais, winebrandsblog.com, pour un article sur le même sujet le même jour. Je ne recommencerai pas – promis ! – mais la coïncidence avec la sortie de l’iPad aujourd’hui en France était trop tentante. Et puis deux innovations françaises en deux jours, avouez que ce serait dommage de s’en passer !
Ceux qui suivent mon blog en anglais connaissent ma passion pour les initiatives innovantes. Quand l’une d’entre elles est signée « Made in France » et même si elle porte un nom « anglophone », je m’y intéresse de plus près. C’est pourquoi l’email reçu de Clémence Béchu, créatrice du site winesitting.com avec son associé Jean-Philippe Haut, a retenu mon attention. Ce message m’informait de l’existence depuis quelques mois de leur entreprise de « winesitting » (vous savez, le « baby sitting et autres « home sitting »!). Nouveau ? Non, pas vraiment. D’autres sociétés font du gardiennage de vins pour ceux qui n’ont pas la place ou la possibilité de garder leurs vins chez eux.
En revanche, les autres services sont plus intéressants. Les deux associés ont imaginé d’étendre ce système de gardiennage à une forme de « club en ligne » de vente de vins. Les clients peuvent s’abonner selon sept formules, qu’ils soient collectionneurs de grands vins ou débutants qui cherchent à s’informer avec un budget mensuel proportionnel à leur but et leurs moyens.
Il y a longtemps que je cherche à convaincre les vignerons d’adopter la formule du « club privé » pour étendre leur clientèle. WineSitting.com s’est emparé avec astuce du concept pour l’adapter à leur boutique en ligne et enrichir le simple gardiennage de vins : grâce à des accords avec des producteurs (petits et grands) et des négociants, WineSitting.com s’engage à aider ses clients à constituer une cave intéressante, à bon prix et selon leurs souhaits.
Pour l’instant, la clientèle reste très parisienne, ce qui est un peu dommage. Il serait bien que le concept puisse s’élarger d’abord à toute la France, puis à l’étranger. Pour cela, un site en anglais serait le bienvenu. Il est toujours dommage de voir un concept intéressant se limiter à un cercle géographique étroit. La jeunesse de l’entreprise explique sans doute ces premiers pas timides et il est vraisemblable que winesitting.com s’étendra dans les mois qui viennent. Affaire à suivre donc!
Aujourd’hui, grande matinée passée à déguster le millésime 2008 de 100 grands Bordeaux dans les chais de Millesima. Passionnant moment où le vin a passé de longs mois en barriques et va être bientôt mis en bouteilles : déguster les vins déjà goûtés l’année précédente pendant les Primeurs est un exercice difficile dont je ne suis pas sûre de maîtriser l’art et la technique. Heureusement j’ai rencontré Christophe Macra MW – l’un des quatre MW français – près des Saint-Emilion et Pomerol. Christophe a pu me guider avec maestria dans ma tâtonnante dégustation. Ma conclusion de néophyte est que les Saint-Emilion et Pomerol que j’avais moins appréciés pendant les Primeurs se boivent superbement !

La dégustation terminée, nous nous sommes tous retrouvés dans la salle de cocktails pour un sympathique et délicieux buffet. Patrick Bernard, PDG et fondateur de Millesima, nous a présenté les résultats de Millesima et ses projets. Et là, je me suis retrouvée en terrain de connaissance : le Net. Selon Patrick Bernard, le trafic annuel sur le site a été multiplié par 6, passant à 1,200,000 visiteurs uniques. Le nombre de commandes a également été multiplié par 6. Encore plus impressionnant : 40% du chiffre d’affaires vient du Net et 80% des nouveaux clients arrivent par ce même canal.
Ces chiffres montrent l’importance grandissante de la vente en ligne dans l’économie du vin. Il est vrai que Millesima a lourdement investi dans une stratégie digitale: un responsable du marketing Internet, Gérard Spatafora, qui a une longue expérience du virtuel à l’américaine, un spécialiste du Rich Media, Frédéric Lot, qui réalise les vidéos et un projet d’application SmartPhone.
Bref, une stratégie cohérente, réfléchie et qui ne néglige pas l’international. Un spécialiste du marché UK et une boutique à New York viennent compléter le dispositif. Un succès à la française qu’il est bien agréable de saluer en ces temps un peu moroses!