Quand on se penche sur l’histoire des vins américains, c’est bien souvent la Californie qui vient à l’esprit comme la patrie du vin américain. Pourtant les vins californiens ne remontent qu’à la seconde moitié du 19ème siècle avec l’arrivée des immigrants européens, souvent italiens (Mondavi, Gallo, Sebastiani), allemands (Schram) ou français (Georges de Latour, fondateur de Beaulieu Vineyards). Or l’histoire américaine a commencé sur la côte Est au 16ème siècle et c’est là que les premiers arrivants ont trouvé trace de vignes locales qu’ils ont négligées, préférant importer des variétés européeenes qui n’ont résisté ni au climat, ni aux maladies.
Il faudra attendre Thomas Jefferson, un des fondateurs des Etats-Unis d’Amérique, ambassadeur de son pays en France et troisième président des Etats-Unis pour que le vin essaie à nouveau de trouver sa place dans la culture américaine au début du 19ème siècle. Thomas Jefferson est un Virginien de souche, francophile et grand amateur de vins français. Il fait venir de France les vins de Château Haut-Brion et de Château Margaux, ainsi que les grands vins de Bourgogne. Mais surtout, il se fait l’avocat de la viticulture américaine : il se dit certain qu’un jour, les Etats-Unis produiront des vins aussi bons que les vins européens. A son époque, les Américains boivent principalement des alcools forts, des vins fortifiés comme du Porto ou les vins locaux, souvent sucrés, issus de cépages comme le Concord ou le Norton. Les vins français que le président sert à sa table ne rencontrent guère de succès auprès de ses invités qui les trouvent trop « légers » en goût et alcool et, parfois, amers.
Jefferson essaiera pourtant de planter des vignes en Virginie, autour de sa propriété, Monticello qu’il confiera à l’Italien Filippo Mazzei. Il échouera de son vivant mais son rêve s’est maintenant réalisé. La Virginie produit de superbes vins, principalement du Viognier, cépage originel de l’état. Il existe maintenant plus de 200 vignobles en Virginie, produisant du Viognier, du Sauvignon blanc mais aussi les cépages rouges nobles, tels que le Merlot, le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon. Les Virginiens ont prouvé qu’une fois de plus, Jefferson était un visionnaire à qui l’avenir a donné raison.
Malheureusement, la production des vins locaux est si petite qu’elle a bien du mal à se répandre ne serait-ce que dans les autres états américains, a fortiori à l’étranger. Il n’est pas rare de voir des vignobles produire 100, 180, 250 caisses maximum d’un de leurs vins. Les prix avoisinent alors les 18 à 25 dollars, faisant de ces bouteilles des produits super premium difficiles à vendre dans le contexte de la crise financière. Les vins virginiens sont un peu dans la situation des vins bourguignons de certaines familles.
Quelle stratégie marketing ont-ils donc adoptée ? L’économie virginienne repose sur le tourisme grâce à son histoire, à la présence de Thomas Jefferson et de sa superbe propriété ainsi qu’à quelques sites chargés d’histoire, parfois tragique, comme les nombreux lieux de bataille lors de la Guerre de Sécession (1860-1865). L’oenotourisme vient naturellement se greffer sur le tourisme culturel. Certains vignobles sont déjà organisés pour recevoir les touristes de manière agréable. Afton Mountain Vineyards, propriété d’Elizabeth et Tony Smith, dans le comté de Nelson près de Charlottesville, bénéficie d’une magnifique vue sur les montagnes et la vallée. Ils en ont profité pour installer une terrasse dans le prolongement de leur boutique et salle de dégustation où leurs clients peuvent pique-niquer un verre de vin à la main en profitant du superbe panorama. D’autres propriétés, elles aussi familiales, reçoivent autour du comptoir de la salle de dégustation et proposent leurs vins à la vente. C’est le cas de Flying Fox Winery ou de Cardinal Point Winery à Afton. Le charme de la dégustation vient de l’accueil chaleureux et personnalisé des propriétaires qui répondent aux questions avec enthousiasme et n’hésitent pas à emmener le client passionné dans leur chai ou leur cuvier.
L’oenotourisme local ne pourrait pas exister sans le soutien d’une stratégie digitale. Les vignobles familiaux, aussi petits soient-ils, ont tous un site Web, voire une page Facebook ou un compte Twitter. Souvent la nouvelle génération est aux commandes de cette initiative et permet une meilleure visibilité de la propriété. Quoi de plus important quand le voyageur peut maintenant prendre son bâton de pélerin (ou un avion) ou simplement sa souris pour un voyage virtuel?
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A l’heure où l’essence devient chère, où le temps s’accélère et où l’offre de vins se multiplie, une initiative américaine pourrait bien facilement être adaptée à la française :
Si la Provence évoque, pour les Français et les Européens du Nord,
La vente de vin sur Internet continue à se développer, lentement mais sûrement. Il est vrai que les sites de vente sont de plus en plus diversifiés et offrent de multiples opportunités de choix que le consommateur ne pourrait s’offrir sans parcourir le pays et le monde à la recherche d’une bouteille. A côté des « grands » comme
